Très étonnant village, basque de tous ses colombages, de toute sa blancheur et de toutes ses couleurs, de toutes ses stèles discoïdales et de toute sa coquetterie, mais pourtant différent, poétiquement insolite... Offrant le festival de ses façades le long d'une large rue presque unique, Aïnhoa est marquée par ses origines médiévales, celles d'une bastide.
ïnhoa fait partie de ces localités au hit parade des guides que l'on n'a pas tellement envie de parcourir, tant on les dit incontournables. L'on croit tout en savoir quand on y arrive, touriste parmi tant d'autres, un peu agacé de déambuler avec le troupeau. Mais on craque, comme tout le monde : ce « beau village », fièrement proclamé tel, mérite plus que le coup d'oeil.

Héritier d'une bastide-rue de la fin du xIIe siècle, que les Espagnols détruisirent par le feu en 1629, le village est parfaitement labourdin, avec ses sobres façades en pierre, ses exhibitions de pans de bois et de colombages, mais il étonne par son plan, toujours celui de la fondation : il s'organise, ou, plutôt, s'étire, au long d'une large rue unique.

Archétypique sans être vraiment typique, tout entier à savourer et faisant tout pour s'embellir, Aïnhoa est à la fois un village familier et spectaculaire. Il faut s'étonner du face-à-face des maisons labourdines (ou, parfois, d'inspiration navarraise), dont les façades assez hautes, souvent étroites sont dissemblables d'un côté à l'autre de la rue, en fonction de l'exposition. Il faut lire les détails des linteaux, s'enchanter d'un fleurissement...